people in motion

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jeudi 31 octobre 2013

Hold Up d'Etat


ou l'inéluctable ponction sur les dépôts bancaires
Vous comprendrez pourquoi, face au risque de dislocation, face au risque de hausse des taux et de baisse des assets, on a reculé à faire le « taper »;  vous comprendrez pourquoi le dernier Jackson Hole a lancé un avertissement sur la stabilité financière; vous comprendrez pourquoi on a nommé Yellen, sorte de Bernanke puissance deux. Vous comprendrez, on a besoin d’avoir les mains libres pour empiler de la dette sans plafond.
Marche ou crève !
Récemment, c’est le FMI qui a relancé la question. Le FMI rue dans les brancards, il fulmine de l’attitude et de la position des Européens, laquelle position consiste à faire l’autruche. Le FMI a été ulcéré du traitement imbécile de la crise grecque, il a fait une note très sévère sur ce sujet, tancé les Européens qui se sont engagés dès le premier bail-out dans une voie stupide et coûteuse, au lieu d’accepter, dès le début, la restructuration des dettes. Le FMI ne veut plus que cela se reproduise, et même s’il est dominé par les Européens, les Asiatiques et les USA ne sont pas satisfaits, ils veulent des changements et l’Europe s’y oppose.  Il est sûr qu’à l’avenir, les Européens auront les mains moins libres pour leurs solutions du type mouton à cinq pattes. Aux USA, Christine Lagarde est raillée, Christine Laggard!



La question de la situation du secteur bancaire est au centre des débats. Les Européens disent:« Circulez, il n’y a rien à voir! ». Les Américains et le FMI sont quasi sûrs que, si on soulève les tapis, on trouvera des cadavres. Ils ajoutent même que si on faisait un audit sérieux, cela ne suffirait pas encore, car, en regard des pertes et déséquilibres qui se manifestent dans les crises, les pertes dissimulées maintenant sont encore très très faibles. Cela est vrai, en cas de sinistre, tous les chiffres galopent.

Draghi dégage plus ou moins en touche lorsqu’il répond, nous traiterons le problème bancaire quand nous en aurons les moyens, sous-entendus quand nous serons d’accord sur les dispositifs pour résoudre le problème. Un peu comme ce qu’ont fait les Américains avec la crise de la dette de l’Amérique Latine, ils n’ont extériorisé les pertes que bien plus tard quand ils ont pu les couvrir. En fait, beaucoup sont partisans de préparatifs discrets pour, si une occasion se présente, avoir l’excuse de mettre en place le dispositif. 

Et c’est là où vient le débat sur le bail-in, c’est à dire le prélèvement sur les comptes bancaires des particuliers. La masse énorme des sommes en jeu indique qu’il faudra faire payer les créanciers des banques à un moment donné. Les créanciers, ce sont ceux qui prêtent de l’argent aux banques, qui déposent leur argent chez elles, parmi ceux-ci, les déposants.


La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi le démarrage début novembre de l’examen des bilans de 124 banques de la zone euro, dont le résultat sera connu dans un an, en même temps que celui des tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne (EBA).Il sera mené en coopération avec les autorités de supervision nationale, et avec le soutien d’un cabinet de conseil externe Oliver Wyman.
Les banques seront soumises à un «examen exhaustif» de leur comptes, qui inclura un examen de leurs risques (liquidités, endettement, financement) et une revue de tous leurs types d’actifs au 31 décembre 2013 dont les prêts non-performants, restructurés ou leur exposition à la dette des Etats de la région.
Il sera basé sur un niveau de fonds propres de 8%, composé d’un ratio de solvabilité Tier 1 de 4,5% associé à un matelas de protection de 2,5%, plus 1% supplémentaire pour tenir compte du risque systémique représenté pour le système par les banques d’importance significative. Outre ces deux étapes, les banques de la zone euro seront soumises à de nouveaux tests de résistance pour déterminer leur capacité de résistance à des chocs importants, qui seront menés «en étroite coopération» entre la BCE et l’EBA et dont les détails seront communiqués ultérieurement.
Ces examens ont trois objectifs, souligne encore la BCE: assurer la transparence du système bancaire de la zone euro, permettre de «réparer» en identifiant et menant à bien les corrections nécessaires, et améliorer la confiance des investisseurs en leur assurant que le système est sain.
«Une seule évaluation globale, uniformément appliquée à toutes les banques significatives – qui comptent pour 85% du système bancaire européen – est une étape importante pour l’Europe et l’avenir du système économique de la zone euro», a déclaré le président de la BCE, cité dans le communiqué publié mercredi. AFP

Les gouvernements européens, pas tous, veulent faire payer les déposants, comme on a fait  à Chypre. Certains ne veulent plus de bail-out, ils ne veulent plus que ce soient les contribuables qui paient. Ils disent : Ceux qui ont prêté doivent perdre de l’argent, ils  refusent la mutualisation.



Ils oublient beaucoup de choses:
  • Depuis des années, on ment, on cache la situation des banques, on aura du mal à dire stop, maintenant on dit la vérité.
  • Un prélèvement sur les comptes de dépôts n’est pas nécessaire en général. La structure des bilans des banques est ainsi faite que la somme du capital et des dettes quasi-capital suffit dans beaucoup de cas à éponger, enfin il est possible d’adosser temporairement les banques aux Etats, le temps de procéder aux restructurations, défaisances, restructurations et recapitalisations nécessaires. En d’autres termes, on peut faire payer ceux qui se sont engraissés et avaient vocation à prendre des risques avant de spolier les déposants.
  • Un tel prélèvement serait déflationniste en diable, la demande chuterait au-delà des chiffres mis en cause car le sentiment deviendrait très négatif. La récession ferait exploser le chômage, casserait l’activité, réduirait les recettes de l’Etat et ferait s’envoler les ratios de dette et  les taux d’intérêt.
L’ordre social, à notre avis, ne résisterait pas.
L’article ci-dessous parle des crises et de la situation des banques, mais ce n’est pas dans le registre évoqué ci-dessus. Ci-dessus, on parle des pertes accumulées, cachées, latentes, enfouies dans les ténèbres de la comptabilité. On parle aussi des méthodes d’évaluation fantaisistes qui consistent à considérer comme sans risque des assets risqués.
Dans l’article qui suit,  ce qui est en cause, c’est le risque d’une nouvelle crise financière qui se traduirait, par exemple à l’occasion d’une maladresse dans le tapering, ou à l’occasion de la dégringolade d’un émergent, qui se traduirait par une chute des marchés des actifs dits à risque.
C’est encore autre chose que les pertes enfouies que stigmatisent le FMI, les Etats-Unis et les Asiatiques.
Ce que nous voudrions vous faire comprendre clairement, et c’est difficile car la matière est complexe, c’est votre situation de déposant.


Votre dépôt dans une banque est une créance sur la banque. Vous êtes son créancier. En fait, ce n’est pas de la monnaie que vous avez à la banque, c’est de la quasi-monnaie dont on vous dit, elle est aussi bonne que de la monnaie, des billets de banque. Eh bien, c’est faux, c’est un mensonge. Votre dépôt en banque est de la quasi-monnaie qui n’a pas la sécurité et la disponibilité de la monnaie.
Votre dépôt n’est pas money-like. C’est une promesse émise par la banque de vous rendre votre argent, promesse assise, garantie, par les actifs que possède la banque,  entre autres, les emprunts d’Etat qu’elle détient et surtout la masse d’actifs à risques qu’elle a accumulés depuis 2009 pour faire des profits et se re-fabriquer des fonds propres. Les banques ont  pris beaucoup de risques, conformément à ce que leur ont dit de faire les Bernanke, Draghi et autres, pour se refaire une santé et soutenir l’économie.
Dans le cas américain de 2008, les créances sur les banques étaient adossées à des actifs à risque dits subprimes, c’étaient des hypothèques pourries, mais qui rapportaient gros. On croyait que l’immobilier ne pouvait que monter. En 2013, les créances sur les banques, le sous-jacent, ce sont des assets à risque, cotés sur les marchés ou dont la valeur est corrélée aux valeurs des marchés. On croit, Bernanke, Draghi, veulent faire croire que, comme l’immobilier, les marchés dits de risque ne peuvent que monter.  La preuve, ils montent!
Nous,  nous disons que la situation est comme en 2008,  les banques avaient émis de la quasi-monnaie, des titres  adossés à un sous-jacent, l’immobilier, et puis l’immobilier a flanché et les sous-jacents se sont dérobés, les banques se sont retrouvées insolvables.  Nous disons que l’ensemble des marchés dits du risk-on, l’ensemble des marchés des actifs à risques joue en 2013 le même rôle que jouait l’immobilier en 2008. L’immobilier était surévalué, les prêts correspondants à l’actif du   système bancaire ne valaient rien et donc ce qui servait à garantir les créances sur les banques devenait insuffisant. Les banques ne pouvaient honorer leurs engagements. D’où la panique.

Remplacez l’immobilier pourri, surévalué, totalement corrélé, par l’ensemble des marchés dits de risk-on, surévalué, illiquide, moutonnier et totalement corrélé, et vous avez une similitude parfaite.
La concentration des risques est la même, surtout les corrélations sont extrêmes, il n’y a pas de diversification, de répartition statistique des risques.
Retenez une chose, ce qui garantit la valeur de vos dépôts bancaires, c’est le marché des actifs à risques parce que la politique des Banques Centrales l’a voulu ainsi, ils ont forcé le système financier à se gorger de risque pour échapper au mistigri des taux zéro.
Conclusion, on ne peut plus laisser chuter, on ne peut plus tolérer de recul sensible des marchés dits de risk-on. C’est marche ou crève.
Venons-en au plat principal après ce hors-d’œuvre qui n’a pas dû vous ouvrir l’appétit.



Les crises sont loin d’être terminées. La Grande Crise Financière, la GFC, pas plus que la Grande Crise Economique, la GEC. Le trou dans le tissu économique et financier est béant. Le maintien des remèdes, des mesures palliatives révèle en quelque sorte la persistance et l’étendue du mal. Les politiques monétaires désespérées ne peuvent être stoppées, les dettes des Etats ne peuvent être maitrisées. Voilà le sens objectif des deux évènements majeurs de ces dernières semaines, le no-taper et la victoire d’Obama sur le plafond de la dette. Ces faits parlent, ils disent rien n’est fini.

La meilleure preuve qu’un trou existe, c’est l’existence de la plaque qui permet de le dissimuler. Ce qui dissimule révèle. C’est une évidence que les citoyens, victimes des propagandes du système,  feraient bien de méditer. Le but des propagandes, des relations publiques, des publicités, est de faire douter les gens. De les faire douter de ce qu’ils voient. Si une publicité vous dit pour un produit cosmétique « et cela marche », alors soyez assuré que c’est parce que le produit est « bidon », il est en réalité inefficace. Si une réclame qualifie une bouteille de champagne de « grand champagne », vous pouvez être sûr que c’est parce que c’est un petit champagne médiocre. Les relations publiques, la propagande ont pour but de vous faire penser ce qu’elles veulent que vous pensiez. Bien entendu, s’agissant des gouvernants et des banquiers centraux ou des banques, c’est la même démarche.

La propagande ne vise plus à informer, même plus à déformer, elle vise à travestir. Travestir pour influencer, vous faire faire ce que, spontanément, vous ne feriez pas. En gros, vous séparer de votre argent, leur abandonner une partie de votre vie, de votre temps de vie. Le fétiche de l’argent est ainsi fait que vous oubliez ce qu’il y a derrière. Il s’agit toujours de vous faire oublier, d’escamoter que cet argent, c’est du temps de votre vie cristallisé. Quand un Etat  ponctionne  les revenus et patrimoines, en réalité il  ampute les gens d’une partie de leur  vie, celle qu’ils ont passé à gagner cet argent, celle des études pénibles qu’ils ont dû suivre pour parvenir où  ils sont  parvenus, celle qu’ils pourraient  passer à s’occuper de leurs enfants.


Donc, nous disons haut et fort, la crise est là. Ne croyez pas ceux qui disent le contraire. Si la crise était finie, on cesserait d’administrer des remèdes considérés comme dangereux. On cesserait de faire des expériences non testées. Le trou est là, béant, même s’il est recouvert de leurres. Le leurre qui recouvre le trou constitue le piège. Aux USA, il est clair qu’il est impossible de stopper les politiques monétaires ultra-accommodantes et ultra-non-conventionnelles. On ne peut payer les  dettes qu’en ayant l’autorisation d’emprunter plus. Obama a eu ce mot incroyable que personne bien sûr,  n’a relevé: « augmentez le plafond de la dette afin que nous puissions payer nos factures »! Ce qui veut dire, autorisez-nous à emprunter plus sinon, nous deviendrons insolvables. 
On ne peut mieux exprimer en quoi ce monde marche sur la tête, en quoi tout est renversé. Le réel est nié, nul et non avenu, remplacé par la parole mystifiante qui se donne des allures d’évidence.  En Europe,  c’est la même chose, Draghi, non seulement, ne supprime pas les mesures anciennes, mais il vient de suggérer qu’il en prépare de nouvelles, non conventionnelles bien sûr, puisque l’on a épuisé tout l’arsenal et les munitions connus.L’Espagne, après la campagne de propagande du début de l’été rechute avec un système bancaire qui prend l’eau de toutes parts, vidé, épuisé par des créances irrécouvrables qui pulvérisent tous les records connus à 12, 12% des encours de prêts soit 247 milliards. La création de nouveau crédit s’effondre.
Qui sera le suivant, l’Espagne ?

Suivant les « bons conseils » du Docteur FMI, le gouvernement espagnol a augmenté la TVA. Résultat : les ventes des supermarchés ont baissé de plus de 7 % au mois d’août. Les ventes au détail sont en baisse depuis 38 mois de suite.
Voici la traduction d’un article publié par El Econimista, intitulé Le commerce plonge de 5% et la hausse de la TVA est «catastrophique» :
ANGED, l’association des grosses sociétés de distribution, a souffert d’une diminution de ventes de 7,2% en août, soit le déclin le plus important enregistrée depuis le début de la crise. Parmi les sociétés appartenant à l’association, nous comptons entre autres El Corte Ingles, Carrefour, Auchan, Tesco, Ikea, Media Markt, Leroy Merlin et Toys’R Us.
Alfonso Merry del Val, un employeur, juge la hausse de la TVA ‘catastrophique’.
Des données publiées par l’Institut National des Statistiques démontrent que les ventes des supermarchés ont diminué de 7,2% en août et que la crise s’intensifie.
Le président d’ANGED se dit particulièrement inquiet des conséquences de la hausse de la TVA dans certaines régions. ‘Il s’agit d’une taxe révolutionnaire. Si elle ne se trouve pas corrigée, 18.000 emplois pourraient disparaître’.
Malgré les propos rassurants du gouvernement, le pays ne sort pas de la dépression. Les déficits s’accumulent, la dette continue d’exploser (92.6 % du PIB contre environ 40 % en 2008), le marché de l’immobilier n’a toujours pas touché le fond (38 mois aussi de diminution des hypothèques pour l’achat de maisons selon les chiffres du mois de juin, au plus bas sur dix ans), le système bancaire est toujours proche de la faillite (prêts pourris), le taux de chômage est extrême, le peuple ne croit plus au discours de ses politiciens…
La dette publique de l’Espagne, qui ne cesse de gonfler depuis 2008, dépassera les 100% du PIB en 2015, selon le plan budgétaire du pays transmis à la Commission européenne. D’après ces chiffres, la dette de la quatrième économie de la zone euro devrait atteindre 101,13% du PIB en 2015 avant de se stabiliser à 101,09% en 2016, soit bien supérieur à la limite européenne fixés à 60% du PIB. Le gouvernement avait déjà annoncé prévoir une dette de 98,86% pour 2014, après 94,21% du PIB en 2013, lors de la présentation fin septembre du budget pour 2014. En matière de déficit public, les objectifs affichés par le gouvernement sont un déficit de 4,2% du PIB en 2015, avant un retour en 2016 en dessous de la limite européenne des 3%, à 2,8%.
Tout cela est bien triste.
L’Espagne, c’est bien plus gros que la Grèce, « too big to bail »…

Pourquoi faut-il mentir, travestir, dissimuler? Comme l’a dit une pseudo élite européenne, parce que, « Quand les choses deviennent sérieuses, vous devez mentir »« You have to lie ». Réfléchissez, cela ne veut rien dire. C’est un mensonge de plus qui se pose comme une évidence. La fausse évidence est l’arme du Pouvoir. Ce n’est pas parce que l’on a à mentir que l’on doit mentir, c’est parce qu’il faut vous empêcher de prendre les mesures nécessaires pour vous protéger. Il faut vous empêcher de vous adapter, d’anticiper. 



L’histoire prouve que ceux qui ne s’adaptent pas sont condamnés, ils disparaissent car ils sont inadéquats, ils partent en short au pôle Nord; et bien voilà ce qu’ils veulent, que vous ne vous adaptiez pas au nouvel environnement. Ils veulent que vous soyez détruits socialement, statutairement, que vous chutiez de rang, que vous dégringoliez. Vous et vos enfants. Le but de tous ces gens n’est pas de vous élever, non, leur but c’est de vous prolétariser, de vous rendre dépendants.

Vous avez vu passer récemment des fuites organisées par le FMI. Les planqués de l’extra-territorialité, les nichés fiscaux  du Fonds  demandent la sévérité fiscale tous azimuts alors que, eux,  ne sont pas taxés. Vous avez vu passer ces fuites. Elles disent que finalement, à un moment donné,  il faudra peut-être prélever 10% des comptes de dépôts, vos dépôts, dans les banques européennes. C’est le fameux bail-in. On fait payer ceux qui ont des créances sur les banques pour éviter qu’elles ne fassent défaut, donc fassent faillite. 
Peut -être ne le savez-vous pas,  mais  vous n’avez pas d’argent en banque et  ce que vous croyez à vous, ne vous appartient pas vraiment;  ce que vous avez c’est une créance sur la banque. Et cette créance, la banque, le gouvernement, peuvent dire nous décidons de l’amputer. Pourquoi amputer votre créance? Parce que la banque a fait des pertes, ses fonds propres sont devenus insuffisants et comme vous êtes faibles et inorganisés, il a été décidé que ce devait être à vous de boucher le trou. On n’oblige pas les actionnaires qui ont bien vécu ces dernières décennies à remettre de l’argent, on ne dit pas aux porteurs d’obligations bancaires, vous allez perdre votre argent car on a peur d’eux;  non on dit aux déposants, vous allez être tondus. Et c’est normal puisque vous êtes des moutons. Bien entendu, on accompagnera cela de discours sur le bien commun, l’intérêt national, les inégalités.
Vous tomberez dans le panneau, c’est évident, mais en plus vous serez spoliés pour rien. Car on vous prendra votre argent, mais cela ne résoudra rien, ce sera un nouveau « kick the can », une façon de retarder l’échéance finale. Car elle est inéluctable. On peut la retarder, mais pas l’éviter.
La France est le pays le plus exposé à une crise bancaire systémique, voilà ce que l’on vous cache aussi. Parce que les banques sont trop grosses, trop en levier,  trop imprudentes. En gros elles ont été trop voraces, trop gourmandes dans le passé, pour gagner plus et maintenant, elles sont vulnérables.




Depuis le début des années 2000, il y a eu deux chutes des marchés financiers de plus de 50%. Eh oui, vous l’avez déjà oublié n’est-ce pas.  La mémoire financière s’efface au bout de trois ans.  Le risque d’une nouvelle chute de plus de 50% est très élevé, plus d’une chance sur deux. L’évaluation des assets financiers est supérieure de près de 40% aux moyennes de long terme. Le spécialiste de ces calculs, Shiller, vient d’avoir le prix Nobel pour ses travaux sur le prix des assets.  C’est sa spécialité en effet, non seulement sur les actions, mais aussi sur l’immobilier. 

Shiller est encore trop optimiste car dans ses moyennes de long terme, il y une majorité d’années ou les marges bénéficiaires des sociétés ont été très supérieures aux marges normales dites d’équilibre. Les multiples cours bénéfices sont gonflés, mais les bénéfices également. La surévaluation est bien plus importante que tout ce que les calculs de Shiller peuvent faire ressortir. Nous sommes, pour le capital, dans le meilleur des mondes, taux très bas, bénéfices très élevés, salaires très faibles, liquidités très abondantes. S’il y a une chose qui est sure, c’est que cela ne durera pas toujours. Si cela devait durer, le système devrait exploser socialement.

Une chute de 40 à 50% des cours des assets financiers est, un jour ou l’autre, dans l’ordre des choses. Et bien sûr, plus les indices montent et plus on renforce le risque. Même avec Yellen. N’oubliez pas que ce qui a été fait n’est plus à faire, on ne peut plus baisser les taux, on a déjà bien chargé le bilan des Banques Centrales, bref on a déjà bien usé les amortisseurs. Les munitions sont rares. Quant  au génie, à la capacité de prévision de Yellen, reportez-vous non pas à la propagande des médias aux ordres, mais aux travaux de Peter Schiff, il montre qu’elle s’est toujours trompée sur tout.
Deux organismes non gouvernementaux, l’un Américain, l’autre Suisse, ont évalué l’incidence d’une baisse de 40% des marchés sur le bilan des banques. L’IESEG, School Of Management  (CEM-CNRS)  a utilisé leurs travaux. Ces organismes ont fait des recherches qui dépassent les stress tests fantaisistes  officiels. Ils définissent donc de manière très réaliste le risque systémique: c’est le risque de 40% de baisse du prix des assets.  
Le VLABS, Laboratoire de l’Université de New York et le Center for Risk Management de Lausanne, CRML, parviennent à peu près aux mêmes résultats. Cela montre le bien-fondé de l’approche et de la méthode. Ils calculent un coefficient de risque, le SRISK, qui mesure le besoin de fonds propres des établissements en cas de crise systémique définie comme plus haut. La somme des SRISK pour un pays définit le besoin total de recapitalisation des banques du pays, à la charge du contribuable ou déposant. Le SRISK dépend de la taille des établissements, du levier inclus dans leur bilan, de la sensibilité de leurs actifs aux chocs de marché.
Ensuite, il est procédé au calcul de ce que coûterait au pays concerné la recapitalisation de leur banques aux normes actuelles,  8% aux USA en norme GAAP  et 5,5% en Europe aux normes IFRS.
Les résultats sont, pour le moins, instructifs et ils confirment toutes les autres études, en particulier celles de la FDIC  américaine. Souvenez-vous, son patron a fait scandale quand il a attiré l’attention sur la fragilité de la Deutsche Bank.



En cas de crise systémique définie comme plus haut, la France devrait augmenter son endettement public de 11,67%, soit 239 milliards d’euros. Elle ne pourrait bien sûr le faire car, alors, les taux d’intérêt flamberaient, les spreads exploseraient, il faudrait imposer une austérité budgétaire insupportable en terme de chômage et de ralentissement économique.
Parmi les pays  qui seraient dans la même situation, la Grande Bretagne avec 8% environ n’est pas loin. La Suisse aurait un besoin de recapitalisation de ses banques compris entre 4,8% de son GDP et 7,1% selon les méthodes. Mais ce n’est pas au niveau des pays, à notre avis qu’il faut raisonner, c’est au niveau des établissements.
La Barclays Britannique aurait besoin de 92 milliards, le Crédit Agricole aurait besoin de 83 milliards, la Deutsche Bank de 82,  la BNP  de 61, la Société Générale de 51, ING de 43, Unicrédit de 30, Santander de 25 et Natixis de 23, le Crédit Suisse de 21 et l’UBS de 16.
A noter que la Finlande n’aurait besoin de rien.
Il est évident que tous ces besoins sont hors de proportion avec ce que peuvent mobiliser les pays,   les institutions européennes de sauvetage, les ESM et Union Bancaire etc.  Par ailleurs la mutualisation ferait sauter le système en chaine.



La seule solution est bien le bail-in c’est à dire, la confiscation des dépôts des particuliers. Ce que l’on a fait à Chypre, ce qui est pour les Commissaires européens un modèle de résolution, ce qui est pour le FMI une solution, ce qui est pour le FDIC américain une évidence. A noter que les travaux initiaux du Boston Consulting Group (BCG) aboutissaient aux mêmes conclusions.
Nous avons dit,  de manière  paradoxale,  que de toute façon, ce serait sans efficacité. Expliquons-nous.
C’est une opération de poudre aux yeux que de considérer que le problème du secteur bancaire est une question de fonds propres. C’est donner l’illusion, l’impression, que l’on maitrise le sujet et qu’en cas de nouvelle crise, les évènements sont maitrisables. Ils ne le sont pas. L’attrape nigaud  des fonds propres, c’est un moyen de minimiser les problèmes, Il suffit de voir, de décortiquer ce qui s’est passé avec Lehman.
D’abord, en raison de problèmes de contagion au sein du secteur bancaire, ensuite en raison de phénomènes de foule qui se déclencheront, enfin par suite de l’assèchement des marchés de refinancement qui se produira à la moindre alerte. Les banques ne tombent pas par manque de capitaux propres, elles tombent parce qu’on cesse de leur prêter et de leur faire confiance. Le vrai problème des banques, c’est l’épée de Damoclès du « run ». Les capitaux propres, c’est la diversion, la pointe de l’iceberg.  C’est le reste, tout le reste du passif qui fait problème. Que se passera-t-il en cas de nouveaux chocs sur les marchés d’assets? On prendra les études, les simulations et on fuira tout ce qui, selon ces calculs, est fragile.
Vous comprenez pourquoi, face au risque de dislocation, face au risque de hausse des taux et de baisse des assets, on a reculé à faire le « taper »;  vous comprenez pourquoi le dernier Jackson Hole a lancé un avertissement sur la stabilité financière; vous comprenez pourquoi on a nommé Yellen, sorte de Bernanke puissance deux. Vous comprenez, on a besoin d’avoir les mains libres pour empiler de la dette sans plafond.

mercredi 30 octobre 2013

China debt crisis



Fears of a looming China debt crisis 

Equities around the world got dinged and the yen jumped Wednesday after Chinese money-market rates spiked and a Bloomberg story said China’s biggest banks had tripled debt write-offs. So, what is going on?


Given concerns earlier this year about the Chinese shadow banking sector it would appear that the acknowledgement that there is a problem and Chinese authorities are starting to deal with it has seen some investors take some money off the table in case there are a lot more provisions to come,

It’s no wonder officials and investors are keeping a close eye on the situation. A major hit to the Chinese banking sector is likely to have massive ramifications across the G-20 universe and could have a deflationary impact on global growth. Little wonder then that Aussie saw so much selling pressure in overnight trade as it will likely suffer the most from any drop off in Chinese demand.

After falling sharply in recent days, especially yesterday after the disappointing jobs data, the US dollar is broadly higher today, with the yen the main exception.  It has strengthened by almost 1% today.  

Many are attributing the price action to news that the five largest Chinese banks tripled the bad loans written off in the first half of the year to CNY22.1 bln (~$3.65 bln). Yet, tellingly and importantly, the Chinese banks had already made the provisions and thus did not, reportedly, impact the record profits (~$76 bln) in H1.  

There is some speculation that this is a precursor to a wave of defaults, but in itself writing off the bad loans is a very important step in its own right.  It is a step toward modernization and liberalization.  Provisioning for bad loans and then drawing on those provisions is part and parcel of a modern banking system.    

Precisely why one would sell, say the New Zealand dollar, the weakest major currency today, losing about 1.4% through the European morning, or the Mexican peso, which, with a 0.8% loss is the weakest among the emerging market currencies, in response to Chinese banks writing off bad loans in the first half of the year, is not immediately self-evident.   Indeed, not writing off bad loans, we would argue, was part of the problem.  Writing off bad loans is part of the solution.  For the record, the yuan itself rose to a new 20-year high against the dollar.  

There is another liquidity squeeze in China today.   Corporate tax payments are draining liquidity and thus far the PBOC has not deemed it necessary to counter this.  However, after money market rates jumped the most since July, the PBOC is likely to respond tomorrow.  The 7-day repo jumped 47 bp to 4.05% and the 1-day repo rose 72 bp to 3.80%.  

The PBOC's ability to manage the liquidity conditions seems clumsy and often responding belatedly to clear signals of important imbalances.  Admittedly, at times, the PBOC may be trying to send a signals of displeasure, like it did earlier this year, about wealth management products and shadow banking.  That does not seem to be the intent now.  

The firmer headline CPI, though still concentrated on food prices and not the general price level, and rising house prices has spooked some investors who feared a policy response.   The rise in money markets is not a prelude to a rate hike or a snugging of monetary policy.   That is in fact, the point, there is no policy implication, except to reinforce the perception of the PBOC's difficulty in managing liquidity.  

The rise in money market rates may be a key spur to the largest decline of small company share prices in a year and a half.  The ChiNext index of small companies fell 2.9% today, more than twice the decline of Shanghai Composite.  In comparison, Japan's JASDAQ fell 0.8%, while the Nikkei lost almost 2%.  

It strikes us that many observers seized upon the story to explain the price action throughout the capital markets.  We suspect that if the markets were advancing, many would cite Chinese developments too.  Instead, we suggest there have been some large moves in recent days, and the new positions were in weak hands.  That is to say, the dollar and yen's bounce and the pullback in shares is more a function of market positioning than Chinese banks finally writing down bad loans four months ago, for which provisions were already made. 


dimanche 20 octobre 2013

RUSSIA CALLING ! part 2



РОССИЯ ЗОВЕТ ! - RUSSIA CALLING ! 


Putin seeks to double labor productivity to end ‘oil needle’ reliance
Speech at the Russia Calling! Investment Forum:

At Russia Calling two years ago, Putin summed up Russian society in a sentence. He said the country has faced economic disasters many times and always came back.  Russia is always waiting for the worse to happen.  One of the reasons Putin is in power is because he’s basically made a promise never to take Russia over the edge again.

That the worst is happening next door in Europe, and farther away in the U.S., doesn’t help.  The investment sentiment of wealthy Russians is in decline. There’s a lot of wealth in Russia, but on balance, those with money are not putting it to work.
This year President Vladimir Putin to the usual standing-room-only crowd at Russia Calling said “Our problem is that we are not efficient, our economy is as big as Germany’s. Our per capita income is as high as some European countries. But the good news stops there.”
The Putin smirk. (call it his Mona Lisa smile). The Russian president said the economy was "inefficient" during VTB Capital's Russia Calling!
The Russian economy is operating well below its potential and a 3.1% labor productivity rate is intolerably low for the country poised to become Europe’s biggest, President Vladimir Putin told the 5th Russia Calling! investment forum in Moscow.
“The key bottleneck for the Russian economy is its low efficiency. In terms of GDP, Russia is poised to become Europe's number one economy and the fifth biggest in the world, adding that Russia is on a par with other countries in the EU in terms of per capita GDP and consumption.
However, labor productivity is now less than half the level of most developed economies – at 3.1 percent. In coming years, productivity must increase by 5%-6% a year, twice the current rate. "Only in this way can we overcome the efficiency gap," the president said. "I am confident that we are capable of doing that," he concluded. 
The current abyss between consumption and productivity is dangerous, Putin said. “Living off rent from natural resources, at the expense of future generations, unearned wealth cannot be stable or long term," he added. 
Oil and gas revenues now provide for more than a half of Russia’s budget, with various institutions repeatedly warning that such a oily black hole could soon swallow the country’s economy.
Comfort in store for investors in Russia
Hopes for a rapid recovery of the world economy were not justified; the recovery of the global financial system will be prolonged. And only concerted actions of states and new sources of development can speed it up. This came as a statement by Vladimir Putin during his speech at the "Russia Calling!" investment forum, which was held in Moscow on October 1-3.
The world economy has already lived through its worst days, but it is clear that a quick recovery is not to be expected. The structural crisis of the global financial system had its effect, Vladimir Putin noted.
"The acute phase of the crisis is overcome; the current risks are more or less taken under control. However, hopes for a quick recovery of the global economy, if there were any, are not justified. The crisis of the existing economic model is structural, which means it has a long-term character."
Concerted steps and new sources of development are needed. According to the President, this very approach was laid in the basis of the Russian G20 chairmanship, and then enshrined in the final St. Petersburg plan of action. Vladimir Putin stressed that the G20 countries had found mutually acceptable solutions of many issues.
"A specific program of the G20 work aimed at improving the investment climate and encouraging long-term financial investments was developed and is already being implemented. The key issue at the summit was the problem of a tax policies reform aimed at dealing with tax evasions, including the use of off-shore zones. We have adopted a fundamental decision on this issue. A joint plan of actions for combating the dissolution of the tax base was approved. We have also agreed on standards of information sharing for tax purposes."
Vladimir Putin has also touched upon foreign trade matters at the “Russia calling!” forum. Its volumes are decreasing, but working together, the G20 will be able to resist it.
“The Group of Twenty has reaffirmed its support of the trading system. We have agreed to extend the commitments of our countries to limit protectionism in the global trade until the end of 2016. I must tell you, it was a difficult task to persuade all the participants of this meeting to agree to this decision.”
However, some countries continue to use protectionist measures and put a spoke in the wheels of Russian producers. Russia could not but react to violations of the regulations of the international trade, the Russian leader said.
“As examples of protectionist measures I’d like to cite “energy adjustments” used by the European Commission while conducting anti-dumping investigations into Russian exports, as well as the notorious “Third Energy Package”, quotas on supplies of agricultural products and tariff policy in respect of rail transportations through the territory of some EU countries. We will learn to defend the rights of the national business, and actively use the WTO mechanisms as the old-timers of this organization do”.
Vladimir Putin gave a commission that the government together with the business community should start the procedure of protecting the interests of Russian producers on foreign markets in the framework of the WTO.
The President has specially dwelled on the topic of attracting investors to Russia. The volume of direct foreign investments in the Russian economy is growing: during the first half-year it reached $ 55 billion. This is three times more, than during the similar period of 2012.
In order for these investments to increase further, Russia intends to develop private-public partnership.
“The state will share the risks of private investors, putting up money on a repayable and reimbursable basis. I’d like to emphasize that both the first and the second are money from the National Wealth Fund. Mechanisms of concessions, co-financing, and other forms of private-public partnership will be widely developed. These changes in the legislation are being worked out currently.”
Private-public partnership will be applied during the implementation of major infrastructure projects: modernization of the Trans-Siberian Railway and BAM, construction of the Central Ring Road and high-speed Moscow - Kazan railway. It is in these projects that the money from the National Welfare Fund will be invested. Vladimir Putin has cited Abu Dhabi, which intends to invest up to $ 5 billion in the construction of Russia's infrastructure, as “the first robin” of private-public partnership with foreigners. One of Russia's advantages in attracting foreign investments is reduction of inflation, which, according to the President, has all the chances to be below five percent next year.

RUSSIA CALLING ! part 1


РОССИЯ ЗОВЕТ ! - RUSSIA CALLING ! 

VTB Capital Investment Forum 2013

The “Russia Calling!” Investment Forum provides a platform for developing dialogue between Russian business and the international investment community. Prominent political and business community figures from around the world are taking part in the event. The forum is examining development trends in the Russian and global economies and the state’s role in an investment model for growth. 
This year  winter came early over the Russian Capital with light snow showers in this begining October. Sitting here in the 12th floor in a tower in Moscow looking down on a cold, wet and white city.. It's definitely sad. 
The first flakes are unmistakable. They don't fall like the fluffy white powder of December, so much as slap you in the face with the full force of October's wet promise of the six months of gloom that lie ahead. So it was at 11.30am on Tuesday. The immediate response is confusion – why is my coat turning white? Then comes denial – is it just oddly coloured rain? And finally, acceptance – here we go again.
Winter is, of course, Moscow's natural state. The slightest hint of frost brings Russians fumbling for their furs, checking skating rink schedules, ensuring soup ingredients are in full stock. And yet there are constant attempts to challenge its inevitable path.
And it is the same for the general state of the economy and the Russian situation the later months. We can only hope that Christmas is getting closer.


Opening the forum, Economic Development Minister Alexey Ulyukaev said that being there reminded him of an old joke that says: We don't have culture, but we do have a Culture Minister, and he feels really well! 
"Practically, there is no economic development [in Russia]," Ulyukaev said, paraphrasing the joke, "but the Economic Development Minister is here, in front of you!" But unlike the minister in the joke, he is feeling poorly, Ulyukaev added. 

Ulyukaev is one of those Russians that match perfectly the American idea of the Russian archetype. The man’s a bear with short, gray-spiked hair. In the three years I’ve been coming to Russia Calling!, I’ve never once seen him smile.

The morning sessions were full, and every door was guarded by a stone faced bouncer. 
It seemed the size of his arms reflected the degree of importance of the attendees.

A take it away economy 


Perhaps he has a reason. Foreign direct investment into Russia, the measure of foreign capital coming from corporates and portfolio flow, has gone from $74.7 billion in 2008 to $51.4 billion in 2012. That’s down from $55 billion in 2011, according to the International Monetary Fund.

“There is a very low participation of private Russian capital in our economy,” said Alexei Moiseev, the Deputy Finance Minister. “It resembles an old Soviet left over. I know a lot of people in the government would disagree with me. The truth is, we are aware of this problem and are doing something about it.”
Creating investing rules that are in accordance with that of the Organization of Economic Cooperation and Development is a starting point.

Let’s not forget, Russian capitalism is only 21 years old. If you start with the dissolution of the Soviet Union in January 1992 (officially was Dec. 26, 1991) as the start of Western-style economic practices being incorporated in the Russian economy, then you’ve got a capitalist system that turns 22 the day after Christmas 2013.

To use a drinking metaphor, by U.S. standards Russia is one year in to being legally able to handle its liquor. Bottom’s up.

Top Down


The macro view of Russia is a mixed bag. The investment view is a bag full of holes .

“We’re now trapped in an intermediate level of development,” said Moiseev. “This is not a cyclical slowdown in Russia. This is a structural one and it concerns us all.”

Last year, the Russian government spent around $1 billion on the world’s longest suspension bridge in Vladivostok, the peninsula that juts into the Sea of Japan. The Russky Island Bridge was built to help Russia tend to a number of big events happening in the east, like the Asia-Pacific Community Summit.
Russia has the Sochi Olympics to tend to this coming winter.

The Sochi airport terminal, which is expected to cater to 3,800 passengers an hour during the Olympics, is undergoing renovations to the tune of around $200 million. Basel Aero is doing the work, a company owned by metals tycoon.

Russia launched a new investment strategy for civil aviation this year. The investment volume is estimated at $9 billion, with over 100 sites currently undergoing reconstruction and modernization with help from both the private and public sector.

Ulyukaev is hopeful. “We expect and forecast a serious increase in investment and hope it reaches 4% in 2014, 5.5% in 2015 and over 6% in 2016,” he said. Wait…did he just smile?

If Russia can sell itself better — never an easy task for an amateur at 22 years of age — then more institutional money will flow. New policies will liberate big investors like pension funds to invest long term. It’s not going to happen over night, but neither did China’s move from $2 a day laborers pouring cement in Shanghai, to $50,000 a year Shanghai one-percenters shopping at Huang Shu Chi in Xintiandi.

The United Arab Emirates is taking note. The Abu Dhabi Department of Finance, the capital city’s long term investment vehicle, said last month it will invest $5 billion in Russian infrastructure projects over the next seven years.

Why Russia Is 'China In Reverse'

One of the Conference theme was that the actual situation of the Russian economy is the reverse of what the Chine has been implementing.

In the fun-house mirror of the global economy, Russia is the mirror opposite of China.
China consumers are the driving force behind the market. Russian consumers are hobbling along and maybe stuck in a middle income trap. China needs less investment. Russia needs more.
China used to be all about infrastructure investment: new roads, new bridges and airports. Now it's Russia's turn.
The kind of investment Russia needs doesn’t lend itself to a lot of sex appeal. We’re not talking about oil and gas giant Rosneft investing billions in Arctic drilling.  This is about roads and very big bridges.
“Russia is a reverse-China,” Alexei Yakovitsky, global CEO of VTB Capital said. ”China is a consumer theme for investors today,” he said, noting that not too long ago, investment was China’s theme. Now, investment is Russia’s theme. Years ago, it was the consumer. “Russian consumers still have room for growth, but that is no longer the story here. The story in Russia today is investment,” he said last Tuesday on the sidelines of VTB’s Russia Calling!, an annual investor’s forum in Moscow.
Consumers were the main growth driver in Russia for more than a decade. That was mostly because Russian consumption was bouncing off such a low base from the 1998 financial crisis, known as the “Russian flu”.  An overvalued currency, a war in Chechnya, and a bloated government led Boris Yeltsin to default on a $5.5 billion loan.  Russia was nothing but one big junk bond. Yields on its debt was stratospheric. Cosmonaut Yuri Gagarin could have seen them from space at 47%.
Consumers were the story again when Russia used its oil wealth to pump around $60 billion into banks and the stock market. Financial transfers in the form of higher wages and big pension fund gains thanks to government stimulus kept Russia’s economy whistling while everybody worked.
The whistling has stopped. There’s barely a  hum. The economy has grown just 1.5% so far this year, where a normal growth rate is closer to 3%.  The consumer story is stable, but waning.  While China shops and spends less on infrastructure, Russia retail sales are benign to flat. For the last three years, retail sales growth month over month averages about 0.6%, according to the country’s Federal Statistics Service. It reached a record low of -26.3% in January of this year.  China retail sales averaged about 1.18% month over month from 2010 to 2013, according to China’s National Bureau of Statistics. Its worst month in that period was a gain of 0.19%, recorded in January 2012.
If VTB’s China comparison is correct, then investors should expect Russia to remain slow and steady. They’ve already come to expect the government to be extra cautious.
Despite a weak investment climate, the ruble remains strong. Their current account has a surplus. The federal budget deficit is almost zero, and will be minimum for the next three years, promised Finance Minister Anton Siluanov.  The country’s debt to GDP ratio is under 11%, around seven times less that of the United States. “We’ve based our budget on just 1% GDP growth. We’re not exaggerating our opportunities here,” said Siluanov.
Private capital outflows re-accelerated in the third quarter to $12.9 billion from $7.9 billion in the same period last  year. That lifted the 12 month rolling total to $56.5 billion from $51.5 billion in the second quarter.
The reverse China theme better settle in quick if Russia is to ever shake off its last place status among the big four emerging markets.
Russia's Growing Pains Not All Europe's Fault
Russia Minister of Economic Development Alexei Ulyukaev: government could do better.
In 2013, Russia is getting worse. For some, it’s all Europe’s fault. Others prefer to lay the blame on the Kremlin, including top government officials.
A normal growth rate in Russia would be around 3%, but now it’s growing by half that, at 1.5% this year so far and expected to end the year under 2%.
“We do not expect any serious improvement in the overall market situation in Russia,” said Economic Development Minister Alexey Ulyukaev during VTB Capital’s annual Russia Calling! investment conference in Moscow on Tuesday.
Investment is shrinking this year. Industrial production has been a disaster, negative in January, February, May, June and July. August IP grew 0.1% on an annual basis. The only thing growing is consumer spending and that’s mainly because of rising government wages, which is actually a problem for the government budget because a large portion of Russia’s economy are state employees. The growth of fiscal volume of goods and services is primarily coming from inflation. Inflation here is around 6.5% currently.
Labor costs are up for three years in a row. Russia has had an increasing share of labor in GDP while the share of savings and investments are in decline. That combination of demand constraints and increasing costs — be it worker salaries or higher electricity bills — has created a situation where the performance of Russian companies are in decline.
Take natural gas behemoth Rosnef.They’ve been spending on acquisitions and signing joint ventures deals from Vietnam to Venezuela, but their net income is falling. In 2011, their net income was $12.4 billion. In 2012, it was $10.9 billion. Forecasts for this year are better, at $11.4 billion, but falling to $11 billion next year and $9.7 billion in 2015.
Falling net income constrains the capacity for Russian companies to fund investment projects which is one of the factors hurting demand for investments in Russia in the first place. Bad sentiment on Europe doesn’t help.
A week before, Prime Minister Dmintry Medvedev blamed much of Russia’s lackluster growth on the E.U., their chief trading partner.
“The European economy is teetering on the edge of recession, and has slowed growth in all BRICS countries. The U.S. economy cannot fully recover with high unemployment, and many individual Americans are just beginning to crawl out of debt,” Medvedev wrote in the official address on the state of the economy available on the Kremlin’s website if you can read Russian.
During the G-20 meeting in St. Petersburg this month, Vladimir Putin even said the “R” word: recession is back on the table.
Maybe not in Russia, but if Europe does worse than expected next year, it will surely hurt Russia’s plans.
Not that they have gangbuster plans here either.  This is a very conservative economic administration. Public debt to GDP is around 11%, lower than any of the big four emerging markets and light years lower than that of the budget-busting United States, which recently closed down Washington because they don’t now how to count. While ridiculous expectations are an American forte, lowered expectations are Russia’s thing.
The reduction in the investment scene is problematic, but not leading to Russia’s demise, said Anton Siluanov, Russia’s Finance Minister and one of the brains behind Russia’s recent budget cuts.
“Despite a weak investment flow, our currency is strong, the budget is strong, the budget deficit is almost zero, and will be minimum for three years to come,” he told investors at Russia Calling! this morning on a chilly October morning.  ”Plus, we’ve based this budget on just 1% GDP growth. We’re not exaggerating our opportunities.”
Investors may be growing tired of the usual Russian juggernauts. The Rosnefts and Gazproms are government entities, distributing profits throughout the budget and not using it to invest in growth as much as investors would like.  Things are changing, but at a tortoise pace and investors can be impatient. 
Privately held search engine, Yandex, has seen its net income double in two years from around $125 million in December 2010 to $265 million in December 2012. It gets better: first quarter net income was $295.2 million rising to $325 million in the second quarter.  The stock is up 31.72% in the last three months.
See part 2 President Putin Address

vendredi 11 octobre 2013

Euro : Entretenir l'espoir !


Ce sale espoir,  comme disait Antigone. 


Grâce à cet espoir, on continue de faire confiance en la monnaie, on évite de monter trop les taux d’intérêt, puisque l’on est persuadé qu’un jour la débauche finira! L’opposition entretient le pour et le contre sans lesquels rien ne peut durer. Imaginez ce qui se passerait s’il n’y avait qu’un sens. Les marchés seraient booming, exploseraient, le risque financier contre lequel il faut, vous le savez, lutter, -dixit le dernier Jackson Hole-, le risque financier deviendrait colossal. Si l’escroc n’inspirait pas confiance, il ne pourrait escroquer, pour prendre une comparaison désobligeante.

Nous pensons que la fonction de la Bundesbank et de son patron, figure emblématique, est du même type. La Buba a prêté son crédit à la monnaie commune au moment de la formation de l’Union; si on a fait confiance à cette monnaie, c’est parce que l’on savait que la Buba était derrière, ce qui a permis des taux très bas, un change ferme. 
A la faveur du crédit emprunté à la Buba, les taux ont chuté pour les pays du Sud; ils ont pu s’endetter, se surendetter, et ils ne s’en sont pas privé. Ces pays déficitaires ont bénéficié, non seulement des taux bas qu’ils ne méritaient pas, d’un change stable qu’ils n’avaient jamais osé espérer, mais aussi des facilités de Target 2, système qui permet d’accumuler les déficits et les créances sur la Bundesbank. 
Avec la crise de surendettement, crise de compétitivité, crise de balance de paiements, le système européen doit évoluer. On connaît le sens de l’évolution ; ce sens, c’est l’intégration de plus en étroite au plan économique, financier, bancaire, politique et surtout social. Le FMI vient cyniquement de publier un travail sur cette question. On doit ajouter culturel. On doit faire ce qui n’a pas été fait au début, mais qui avait été envisagé sans le dire. On se reportera à l’ouvrage indispensable de Daniel Lebègue et Christian de Boissieu : « Monnaie unique européenne, système monétaire international, vers quelles ambitions », paru aux PUF en 1991. 
L’escroquerie de l’euro a consisté à dire que c’était faisable, avantageux et de se placer, pour l’analyser,  dans la situation finale, dans la situation d’aboutissement.  C’est à dire à se placer dans la situation où tous les problèmes sont résolus, tous les déséquilibres résorbés. Dans la situation où grâce à la fluidité, grâce à la malléabilité, les Français ont cessé d’être français, les Italiens d’être italiens, les Grecs d’être grecs, etc. 
Néron contemplant Rome brûler

L’ennui, c’est qu’avant d’être dans la fin de l’histoire, dans la situation finale, il faut suivre le chemin du processus! Il faut y arriver. L’état final est certes l’objectif, mais ce n’est pas un guide ; le guide, il faut l’inventer. Il faut balbutier, se tromper, tromper. Le processus a été négligé et en plus escamoté par les Maîtres. On a fait « comme si » alors que précisément « ce n’était pas comme si ». 
La non convergence, la divergence réelle non prévue, mais très prévisible, a produit une crise, une accélération de l’histoire. Il a fallu en catastrophe précipiter les transitions, dévoiler ce que l’on souhaitait garder caché. Ainsi, il a fallu basculer, faire basculer la Banque Centrale, la BCE, vers un autre modèle que celui de la Buba. Il a fallu que cette Banque Centrale devienne souple, qu’elle apprenne à privilégier le court terme, le circonstanciel, l’aléatoire sur le long terme, sur le fondamental. Il lui faut faire une transition dans laquelle elle passera du stade de fille, sous tutelle bénéficiant de la réputation et du crédit de la Buba, à une situation nouvelle, amalgame hétéroclite au service du mouton à cinq pattes européen. 
Il faut gérer cette transition qui fait passer d’un objectif de discipline inter-temporelle incontournable au profit du long terme, à une flexibilité court-termiste, opportuniste. Dans cette transition, il est évident que le risque, si les marchés étaient lucides, non manipulés et donc étaient de vrais marchés, le risque est que la filiation avec la Buba vole en éclats. Que les taux explosent, que le change chute.
On passerait en un rien de temps du « père avare », au « fils prodigue ». Le crédit, la confiance, la réputation empruntés à la Bundesbank, disparaîtraient, seraient soumis à dévalorisation, dépréciation; les taux monteraient. Le processus, le fameux processus qui doit conduire à l’état final serait plus qu’interrompu, il serait anéanti.
D’où la fonction systémique de la Buba et de Weidmann, ils sont là pour faire durer le crédit de la Bundesbank le plus longtemps possible, pour faciliter la transition, le fameux processus que l’on vous a dissimulé. Les interventions oppositionnelles, critiques, de la Buba, de Weidmann, ont pour fonction systémique objective, peu importe le subjectif, ont pour fonction de freiner la dégradation, la prise de conscience de la mutation. Elles entretiennent l’espoir, le fameux, le triste espoir. Leurs interventions servent à installer ce contre quoi ils font semblants de lutter: l’ordre nouveau européen, la BCE nouvelle, celle des Maîtres. Celle qui renie le « traditionnal Central Banking ». 
On a fait la monnaie unique à crédit, celui de la Buba et la Buba accepte de prêter la main à la dépréciation de ce crédit, de cette dette; on retrouve, en concentré, tout le processus de gestion malhonnête, injuste, trompeur de la crise. Nous l’avons signalé un jour: « On peut toujours prolonger les dérives, il suffit d’accepter de dévaloriser son capital de réputation ». C’est vrai pour les firmes, pour les pays, pour les Banques Centrales,  pour les individus.