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jeudi 22 août 2013

Premiers soubresauts, d’une nouvelle phase de la crise


C’est au moment où les risques graves se précisent que la communauté financière, gouvernementale et, bien sûr, médiatique se mettent, avec un bel ensemble, à entonner le chant de la victoire. A la veille de la reprise auto-entretenue aux Etats Unis et, bien sûr, il n’y aurait pas assez de billets de loterie pour tout le monde. 

Dans les turbulences d'un possible retour sur terre dans la politique du Fed on a souligné la hausse des taux long US
Qu’est-ce que cela veut dire ? 
Cela veut dire qu’un réaménagement profond, souterrain, est en train de se produire. On ne le voit pas clairement car des courants et forces de sens contraires s’affrontent et se brouillent, le circonstanciel se mêle au fondamental. 
  • On prépare la transition aux Etats-Unis, la réduction des achats de titres, réduction de QE, peut être que cette réduction portera sur la partie la plus contestée, les MBS. 
  • On doute du succès, de la réussite de la politique japonaise, on devient nerveux 
  • On prend conscience de l’ampleur inattendue des conséquences non voulues des politiques monétaires menées et des contradictions qu’elles portent en elles. De l’importance de flux de capitaux et de leur caractère déstabilisateur. Peut-être même le mythe de la toute-puissance des Banques Centrales est-il en train de se déliter. 
  • On porte une appréciation plus réaliste sur la situation européenne. Et, ce que l’on a mis de côté pendant les semaines d’euphorie spéculative, revient comme un boomerang. D’autant que la situation économique, la vraie, pas celle des Rajoy ou Hollande,  s’aggrave  et que l’Allemagne durcit discrètement ses conditions de réformes  structurelles. Peut-être que les troubles dans plusieurs pays émergents donne à réfléchir aux apprentis sorciers de la déstabilisation sociale. 
  • On prend note de la prochaine révision, vérification indépendante, le mot fort est « indépendante »,  des bilans des banques européennes et de la position de l’Allemagne qui veut que chaque pays apure sa situation lui-même, et le fasse au besoin en amputant les créanciers et dépositaires des banques. 
  • On prête attention aux propos inquiétants que l’on négligé jusque-là. 

En mai dernier c'était Paul Volker qui faisait une condamnation sans appel de la politique de Ben Bernanke et de ses illusions. Puis il y eu, au delà des consensus de façade, Fisher de la Fed de Dallas qui manifestait sa désapprobation avec une vigueur  à peine diplomatique. Puis, c’était le tour d’Esther George de la Fed de Kansas City. 
Ce qui n’est pas perçu, et c’est la même erreur qu’au moment de la crise des subprimes, c’est que tout,  en réalité, malgré l’apparente diversification, tout est corrélé. L’erreur des modèles de risque sur les subprimes a été de ne pas prendre en  compte le fait que le sous-jacent était le même: le logement. Et que ce sous-jacent, par phénomène de foule, pouvait fort bien suivre des voies non linéaires, des voies de contagion. 
Ce qui n’est pas perçu dans la phase actuelle, c’est que tout est également corrélé, par le biais du sous-jacent discret qui unit tous les assets, leur prix, leur volatilité  leur risque  et ce sous -jacent qui crève les yeux mais que l’on ne voit pas, c’est la monnaie. 
Ce qui est au cœur de toute transaction financière, de tout marché, c’est ce que l’on perçoit le moins,  ce que l’on veut ne pas voir,  ce que les maitres du monde escamotent, la monnaie. Nous disons que les forces contraires qui sont à l’œuvre masquent, distordent le phénomène, mais nous sommes en train d’assister à la répétition, aux premiers soubresauts, d’une nouvelle phase de la crise. On touche de nouvelles limites.



Flash Back


Depuis le début de la crise ouverte, manifeste, nous développons la même analyse, nous décrivons le même déroulement .
Le remède monétaire prescrit depuis 2008 n’en est pas un, c’est une drogue qui n’agit que sur les symptômes; en profondeur, le mal gagne, tandis que l’accoutumance progresse. Les économies sont « addictes » à la cocaïne financière, ils en ont besoin pour se maintenir dans l’euphorie. Alors que les rendements décroissent, que les surdoses de l’overshooting japonais déstabilisent les marchés, voilà que les investisseurs, spéculateurs, commencent à se précipiter vers la sortie. 
Comme toujours, l’euphorie et le krach coexistent au même moment, c’est l’euphorie qui fait la « une » des médias et on ignore les coups de tonnerre annonciateurs de noirs présages. Ce n’est pas seulement une question de perception et de propagande, il est de la nature profonde des bulles financières et des excès  d’être particulièrement spectaculaires dans les phases finales et ainsi de masquer les craquements qui se produisent ailleurs, dans une zone lointaine, périphérique. Par ailleurs, les craquements interviennent toujours, absolument toujours, là où on ne les attend pas, là où la fragilité est grande mais non perçue. 
Donc nous avons dit que dans le grand ciel bleu de l’euphorie boursière ambiante, il y avait eu de grands coups de tonnerre annonciateurs de noirs orages. 
Nous ne faisons pas une prévision, nous n’annonçons pas la catastrophe pour demain, nous disons, il y a des coups de tonnerre et il faut savoir les entendre et même les écouter, ils se rapprochent. Nous ne faisons que lire le présent. Les enchainements fatals, s’ils sont reconnus, peuvent être retardés, différés. Cela ne changera rien à l’issue et au déroulement des processus en cours, mais on peut encore les retarder. Une fois de plus nous ne pouvons que souligner: le seul pouvoir des (ir)responsables  autoproclamés de la conduite des affaires est de retarder l’inéluctable. 
Ce  qui trompe, induit en erreur dans les périodes de ce type, c’est l’apparence erratique des mouvements. Ils sont spectaculaires, mais on a du mal à y mettre une logique, on a du mal à tracer les liens de causalité. Certaines manifestations du désordre se semblent se contredire. Les analystes ne voient pas, sous le chaos  des manifestations, la logique profonde de la dislocation qui est en train de s’opérer. 

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